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Deux mois à Santa Marta

Deux mois à Santa Marta

Réflexion sur le contenu des homélies à Santa Marta pendant le lock-out

Alessandro Manfridi

04/09/2020

Il y a eu 64 célébrations eucharistiques de l’évêque de Rome retransmises en direct de la chapelle de Santa Marta, du 9 mars au 17 mai 2020.
Par sa volonté explicite, ces célébrations, qui depuis le début de son ministère ont fait une rencontre de famille avec un petit nombre de fidèles qui y ont participé (des milliers ces dernières années) et qu’il n’avait jamais voulu rendre publique dans une intégrale direct, étaient plutôt ouverts à cette période à tous ceux qui voulaient participer à travers le lien de streaming transmis par les médias du Vatican aux différents réseaux qui leur étaient connectés.
De cette manière, le Pape entendait montrer sa proximité «aux malades de cette épidémie de coronavirus, aux médecins, aux infirmières, aux bénévoles qui aident tant, aux membres de la famille, aux personnes âgées qui sont en maison de retraite, aux détenus qui ils sont enfermés »¹.
Ce rendez-vous, qui coïncidait avec un moment significatif comme celui que la liturgie propose chaque année avec le chemin du Carême d’abord puis avec Pâques, a été partagé dans un contexte aussi critique qu’inattendu que celui de la pandémie et de l’isolement forcé qui en a résulté en raison du verrouillage. .
Partant d’un contexte spécifique comme celui des homélies qui expliquent les lectures bibliques de la liturgie eucharistique, François a transmis de nombreux contenus, indications, suggestions et exhortations, qui ont été bien accueillis et appréciés non seulement par ceux qui se connectaient sur le réseau ou via la télévision. En direct mais aussi de ceux qui l’ont appris grâce aux médias et aux informations qui à l’époque rapportaient quelques réflexions diffusées par Santa Marta.
Essayons de reprendre certains de ces passages que nous croyons importants à accueillir et à développer.
Quels ont été les sujets les plus populaires au cours de ces deux mois à Santa Marta?
En parcourant toutes les homélies, nous avons trouvé les mots qui figuraient dans plus d’une homélie et nous avons enregistré 106 éléments parmi eux.
Les termes qui apparaissent le plus – en laissant de côté les noms: Fils, Père et Saint-Esprit – sont les mots diable (en neuf homélies), Église (10), Loi (10), péché (12), cœur (16), peuple de Dieu (17); nous avons également combiné les mots foi, confiance, fidélité, croire, confiance, notant leur récurrence dans 21 homélies.
Quelles sont les indications qui émergent pour ceux qui vivent l’engagement de la foi?
La foi doit être transmise, offerte mais sans tomber dans la tentation d’aucun prosélytisme: les voies sont témoignage et service; le vêtement celui de l’humilité. Tout prosélytisme conduit à la corruption².
Concernant la mise en œuvre du témoignage de foi, François affirme:
Vous pouvez faire un hôpital, une structure éducative d’une grande perfection, d’un grand développement, mais si une structure est sans témoignage chrétien, votre travail il n’y aura pas un travail de témoignage, un travail de vraie prédication de Jésus: ce sera une charité, très bien très bien! – mais rien de plus³.
Ces paroles semblent une réponse à tous ceux qui accusent l’évêque de Rome de promouvoir une vision qui négligerait la primauté de la foi avec la proposition de l’Église comme «hôpital de campagne». François nous invite à la prudence et à fonder l’engagement de prêcher la foi sur le témoignage binomial et la prière.
La foi se caractérise par le caractère concret qui se dessine dans ses différents aspects: le concret de la vérité, le concret de l’humilité, la grâce de la simplicité ».
Le service est le trait particulier présent dans la “carte d’identité” du disciple de Jésus et c’est ce style qui conduit à construire et construire selon l’appel de l’élection, tel que transmis dans l’homélie du mardi de la semaine sainte. La persévérance au service est fondamentale⁵.
Les concepts bibliques d’élection, de promesse et d’alliance sont rappelés dans l’homélie du 2 avril.
François déclare aussi: malheur aux hypocrites et aux corrompus. Dieu en effet
au corrompu il ne pardonne pas, simplement parce que le corrompu est incapable de demander pardon, il est allé plus loin. Il est fatigué… non, il n’est pas fatigué: il n’est pas capable. La corruption l’a également privé de la capacité dont nous avons tous à avoir honte, à demander pardon. Non, le corrompu est en sécurité, ça continue, ça détruit, ça exploite les gens, comme cette femme, tout, tout… ça continue. Il s’est mis à la place de Dieu.
L’une des attitudes les plus délétères et destructrices, opposée au message évangélique, est celle de murmurer, de se plaindre, de bavarder, qui devient un véritable lynchage social, allant jusqu’à renverser la vérité par des calomnies et des fausses nouvelles qui, si elles se répandent, entraînent masses, entraînant également des formes de violence sanglante.
En plus des exemples de Jésus et d’Etienne et des martyrs chrétiens de tous les temps, nous avons le drame contemporain de l’Holocauste.
Face à cette situation mortelle, qui se caractérise par une persistance destructrice, l’exemple que nous a transmis Jésus est celui du courage de se taire: ne s’opposer à la fureur qu’avec le silence, jamais avec la justification.
Les abus humains ne s’arrêtent pas aux murmures et à la fureur qui conduisent à la violence physique, mais sont tragiquement actualisés par toute forme d’injustice qui dépasse les sociétés individuelles pour prendre des dimensions universelles.
Maîtrise à cet égard est l’homélie du mercredi saint avec la lecture de la trahison à côté de la vente de notre voisin.
Quand on pense vendre des gens, on pense au commerce fait avec des esclaves d’Afrique pour les amener en Amérique – une vieille chose – puis au commerce, par exemple, des filles yézidies vendues à Daech: mais c’est une chose lointaine, c’est une chose … Même aujourd’hui, les gens sont vendus. Tous les jours. Il y a des Judas qui vendent leurs frères et sœurs: les exploiter dans leur travail, ne pas payer le droit, ne pas reconnaître leurs devoirs… En effet, ils vendent souvent les choses les plus chères. Je pense que pour être plus à l’aise, un homme est capable de repousser ses parents et de ne plus les voir; gardez-les en sécurité dans une maison de retraite et n’allez pas les voir… ça se vend. Il y a un dicton très répandu qui, en parlant de gens comme ça, dit que «c’est capable de vendre sa mère»: et ils la vendent. Maintenant, ils sont calmes, ils sont écartés: “Tu prends soin d’eux …”.
Aujourd’hui, le commerce humain est comme au début: c’est fait. Pourquoi est-ce? Pourquoi: Jésus l’a dit. Il a donné de l’argent à un seigneur. Jésus a dit: “Dieu et l’argent ne peuvent être servis” (cf. Lc 16, 13), deux messieurs. C’est la seule chose que Jésus soulève et chacun de nous doit choisir: o servir Dieu, et vous serez libre d’adoration et de service; ou servez de l’argent, et vous serez esclave de l’argent. C’est l’option; et beaucoup de gens veulent servir Dieu et l’argent. Et cela ne peut pas être fait. En fin de compte, ils prétendent servir Dieu pour servir l’argent. Ce sont les exploiteurs cachés qui sont socialement impeccables, mais sous la table, ils font des affaires, même avec les gens: peu importe. L’exploitation humaine vend votre voisin … il y a un pas à voler pour trahir, petit. Ceux qui aiment trop l’argent trichent pour en avoir plus, toujours: c’est une règle, c’est un fait ».
Pensez simplement aux injustices qui nient la dignité de l’homme en imposant des conditions de travail qui sont de véritables situations d’esclavage ».
L’homélie du 6 avril touche la conscience:
Cette histoire de l’administrateur infidèle est toujours d’actualité, il y en a toujours, même à un niveau élevé: pensons à certaines organisations caritatives ou humanitaires qui ont beaucoup d’employés, beaucoup, qui ont une structure de personnes très riche et au final cela atteint le quarante pour cent pauvres, parce que soixante, c’est payer le salaire de tant de gens. C’est une façon de prendre de l’argent aux pauvres. Mais la réponse est Jésus, et ici je veux m’arrêter: “Vous avez toujours les pauvres avec vous” (Jn 12,8). C’est une vérité: “En fait, vous avez toujours les pauvres avec vous”. Les pauvres sont là. Il y en a beaucoup: il y a les pauvres que nous voyons, mais c’est la plus petite partie; le grand nombre de pauvres sont ceux que nous ne voyons pas: les pauvres cachés. Et on ne les voit pas parce qu’on entre dans cette culture de l’indifférence qui est négationniste et on nie: «Non, non, il n’y en a pas beaucoup, on ne les voit pas; oui, ce cas… », diminuant toujours la réalité des pauvres. Mais il y en a beaucoup, beaucoup.
Ou même, si l’on n’entre pas dans cette culture de l’indifférence, on a l’habitude de voir les pauvres comme des ornements d’une ville: oui, il y en a, comme des statues; oui, il y en a, on les voit; oui, cette vieille femme qui demande l’aumône, l’autre … Mais comme si c’était une chose normale. Cela fait partie de l’ornementation de la ville d’avoir des pauvres. Mais la grande majorité sont les pauvres victimes des politiques économiques, des politiques financières. Certaines statistiques récentes résument cela comme suit: il y a beaucoup d’argent entre les mains de quelques-uns et beaucoup de pauvreté dans beaucoup, beaucoup. Et c’est la pauvreté de tant de gens qui sont victimes de l’injustice structurelle de l’économie mondiale. Et il y a beaucoup de pauvres qui ont honte de montrer qu’ils n’arrivent pas à la fin du mois; beaucoup de gens pauvres de la classe moyenne qui vont secrètement à Caritas et demandent secrètement et ont honte. Les pauvres sont beaucoup plus [nombreux] que les riches; très, beaucoup… Et ce que dit Jésus est vrai: «En fait, vous avez toujours les pauvres avec vous». Mais est-ce que je les vois? Est-ce que je remarque cette réalité? Surtout de la réalité cachée, ceux qui ont honte de dire qu’ils n’arrivent pas à la fin du mois¹².
La volonté de participer à la souffrance de ceux qui ont été touchés par cette pandémie¹³, doit ouvrir notre réflexion sur les frères qui souffrent de nombreuses autres pandémies comme celle de la faim dans le monde¹⁴.
Que cette expérience de pandémie devienne donc l’occasion de redéfinir nos options et de ne pas retomber dans ce qu’on appelle la nostalgie du sépulcre:
Même aujourd’hui, devant la prochaine – on espère que ce sera bientôt – la prochaine fin de cette pandémie, il y a la même option: soit notre pari sera pour la vie, pour la résurrection des peuples ou ce sera pour le dieu de l’argent: retourner au tombeau de la faim, l’esclavage, les guerres, les usines d’armes, les enfants sans éducation… il y a le sépulcre.
Sans aucun doute, celle de la pandémie est une expérience de crise sociale, comme de nombreuses autres périodes de crise: mariages, familles, travail. Comment réagir dans les moments de crise?
Dans mon pays, il y a un dicton qui dit: “Quand tu vas à cheval et que tu dois traverser une rivière, s’il te plaît ne change pas de cheval au milieu de la rivière”. […] C’est le moment de fidélité, de fidélité à Dieu, de fidélité aux choses [décisions] que nous avons prises auparavant. C’est aussi le moment de la conversion, car cette fidélité, oui, nous incitera à changer pour le bien, non à nous éloigner du bien ».
Quel est le rôle du peuple de Dieu, terme plus courant, peut-être pas par hasard, dans ces homélies?

Santa Marta?

Le christianisme n’est pas seulement une éthique, ce n’est pas seulement une élite de personnes choisies pour témoigner de la foi.
Le croyant doit éprouver le sens de l’odorat et éprouver le souvenir d’appartenir au peuple de Dieu. Acquérir une conscience
de personnes:
Quand cela fait défaut, il y a des dogmatismes, des moralismes, des éthiques, des mouvements élitistes. Les gens ont disparu.
Une des images qui restera la plus marquée dans ce cycle d’homélies est celle de l’Église en tant que fleuve dans lequel tous les différents courants ont le droit d’être présents.
Nous pensons qu’il s’agit d’une affirmation faite en réponse à tous ceux qui prétendent revendiquer les limites du schisme ou se plaignent de l’impossibilité de cohabitation d’âmes différentes, traditionalistes ou progressistes.
Ici François continue de rappeler que le travail de division, de fragmentation entre les partis (je suis Paul, je suis Apollon …) se présente comme une vraie maladie pour l’Église.
L’église est comme une rivière, tu sais? Certains sont plus de ce côté, certains de l’autre côté, mais l’important est que tout le monde soit à l’intérieur de la rivière “. Telle est l’unité de l’Église. Personne à l’extérieur, tout le monde à l’intérieur. Ensuite, avec les particularités: cela ne divise pas, ce n’est pas de l’idéologie, c’est légitime. Mais pourquoi l’Église a-t-elle cette largeur de fleuve? C’est parce que le Seigneur le veut ainsi ».
Nous clôturons cette série de citations par l’homélie significative du 18 mars dans laquelle François nous rappelle que
Notre Dieu est le Dieu de la proximité, c’est un Dieu qui marche avec son peuple. […] L’homme rejette la proximité de Dieu, il veut être le maître des relations et la proximité apporte toujours une certaine faiblesse. [ …] Le «Dieu proche» devient faible, et plus il se rapproche, plus il semble faible […]
Notre Dieu est proche et nous demande d’être proches les uns des autres, de ne pas s’éloigner les uns des autres. Et dans ce moment de crise dû à la pandémie que nous vivons, cette proximité nous demande de le montrer davantage, de le montrer davantage. Nous ne pouvons peut-être pas nous approcher physiquement par crainte de contagion, mais nous pouvons éveiller en nous une attitude de proximité entre nous: avec la prière, avec de l’aide, de nombreuses voies de proximité. Et pourquoi devons-nous être proches les uns des autres? Parce que notre Dieu est proche, il a voulu nous accompagner dans la vie. Il est le Dieu de la proximité. Pour cette raison, nous ne sommes pas des personnes isolées: nous sommes proches, car l’héritage que nous avons reçu du Seigneur est la proximité, c’est-à-dire le geste de proximité ».
Quelques mois après le début de la pandémie, relire les paroles de François est une occasion précieuse de donner un sens aux événements et d’encourager chacun à construire un monde meilleur.
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1 Vatican News, La proximité du Pape: La messe de Santa Marta en direct tous les jours, à https://www.vaticannews.va/it/papa/news/2020-03/coronavirus-papa-francesco-messa-santa-marta -every-day.html
2 Voir FRANCIS, La foi doit être transmise, elle doit être offerte, notamment avec témoignage, 25 avril 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200425_testimoniare -lafede-conlavita.html
3 ID., Sans témoignage ni prière, il n’est pas possible de faire de la prédication apostolique, 30 avril 2020, à http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200430_testimonianza-e- prière.html
4 Voir ID., Le concret et la simplicité des petits, 29 avril 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200429_laconcretezza-dellaverita.html
5 Voir ID., Persevere in the service, 7 avril 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200407_perseverare-nelservizio.html
6 Voir ID., Les trois dimensions de la vie chrétienne: élection, promesse, alliance, 2 avril 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco- cotidie_20200402_letre-dimensions-de-vie.html
7 ID., Confiance en la miséricorde de Dieu, 30 mars 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200330_pregare-peril-perdono.html
8 Voir ID., The little daily lynching of bavardage, 28 avril 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200428_laverita-dellatestimonianza.html
9 Voir ID., The courage to be silent, 27 mars 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200327_ilcoraggio-ditacere.html
10 ID., Judas, où es-tu?, 8 avril 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200408_tra-lealta-e-interesse.html
11 Voir ID., Le travail est la vocation de l’homme, 1er mai 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200501_illavoro-primavocazione- de man.html
12 ID., À la recherche de Jésus dans les pauvres, 6 avril 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200406_la-poverta-nascosta.html
13 Voir ID., Dimanche des larmes, 29 mars 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200329_lagrazia-dipiangere.html
14 Voir ID., Jour de la fraternité, jour de pénitence et de prière, 14 mai 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200514_giornodi-fratellanza – pénitence-prière.html
15 ID., Choisissez l’annonce pour ne pas tomber dans nos tombes, 13 avril 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200413_annunciare-cristo- vivoerisorto.html
16 ID., Apprendre à vivre dans les moments de crise, 2 mai 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200502_lecrisi-occasioni-diconversione.html
17 ID., Être chrétien, c’est appartenir au peuple de Dieu, 7 mai 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200507_consapevoli-diessere-popolodidio. html
18 ID., Nous avons tous un berger: Jésus, 4 mai 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa-francesco-cotidie_20200504_cristo-unicopastore.html
19 ID., Notre Dieu est proche et nous demande d’être proches les uns des autres, 18 mars 2020, sur http://www.vatican.va/content/francesco/it/cotidie/2020/documents/papa -francesco-cotidie_20200318_pergli-operatorisanitari.html

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